Bonnes feuilles

VII. L’IWW et la question blanche - Chapitre 5

Dans la tradition abolitionniste : les wobblies, critiques de l’idéologie blanche

B. A. Botkin, archi­viste de l’American Folk Song à la biblio­thè­que du Congrès, est l’auteur de l’impo­sant livre (de pres­que mille pages) Treasury of American Folklore, paru en 1944. Produit en temps de guerre, l’ouvrage met en exer­gue patrio­ti­que le mythe de la « démo­cra­tie » et de l’« égalité » amé­ri­cai­nes. Non sans embar­ras, Botkin se voit cepen­dant obligé de reconnaî­tre « la mali­gnité inhé­rente à beau­coup de héros, his­toi­res et expres­sions popu­lai­res amé­ri­cai­nes, par­ti­cu­liè­re­ment dans leur trai­te­ment des mino­ri­tés — Indiens, Noirs, Mexicains, Chinois, etc. ».

Authentique héros popu­laire, Joe Hill se dis­tin­gue à de nom­breux égards, et son rejet IWW de la société blan­che arrive en tête de liste.

La police usa au cours de ses inter­ro­ga­toi­res avec Joe Hill d’une expres­sion étrange, mais révé­la­trice par contraste du rap­port du poète IWW et de ses com­pa­gnons wob­blies à cette curieuse confi­gu­ra­tion — mêlant aveu­gle­ment, hypo­cri­sie et ter­reur — que James Baldwin appe­lait le « pro­blème blanc ».

Pour son pre­mier jour en pri­son, Joe Hill fut placé dans une cel­lule iso­lée à l’étage. Les flics lui annon­cè­rent qu’il était accusé de meur­tre et le pres­sè­rent d’avouer. « Je n’étais au cou­rant d’aucun meur­tre et c’est ce que je leur ai dit », écrirait-il plus tard au Comité des grâ­ces de l’Utah. Sa bles­sure lui fai­sant per­dre beau­coup de sang, Hill demanda à être emmené à l’hôpi­tal. Mais les poli­ciers conti­nuè­rent de le har­ce­ler pour lui extor­quer des aveux, lui assu­rant que, s’il coo­pé­rait, on l’emmè­ne­rait à l’hôpi­tal et qu’il serait « traité comme un Blanc » [Letters, p. 65, sou­li­gné par F. R.].

Comme Hill répé­tait obs­ti­né­ment qu’il n’était « au cou­rant d’aucun meur­tre », la police le qua­li­fia de men­teur. Hill refusa dès lors de répon­dre à ses ques­tions. Elle se com­porta vrai­sem­bla­ble­ment à son égard comme avec n’importe quel autre pau­vre ou « sus­pect » sans recours placé dans de tel­les cir­cons­tan­ces : autre­ment dit, il fut mal­traité, voire tor­turé par ses « inter­ro­ga­teurs ». Hill confie­rait qu’il s’affai­blis­sait alors de jour en jour, « balan­çant entre la vie et la mort » pen­dant un temps [Letters, p. 64-65].

Beaucoup d’inno­cents ont cra­qué lors de tels inter­ro­ga­toi­res, avouant des cri­mes qu’ils n’avaient pas com­mis. Mais Hill refusa de tom­ber dans le pan­neau. Comme il ne cédait pas, la police et la jus­tice déci­dè­rent en retour de ne pas le « trai­ter comme un Blanc ».

Hill per­son­ni­fie ici encore l’esprit wob­bly. Il se disait tra­vailleur, esclave sala­rié, immi­gré et IWW avant tout. Nulle part dans ses let­tres, chan­sons ou poè­mes — pas plus que dans les sou­ve­nirs de ses amis ou anec­do­tes rap­por­tées par des connais­san­ces —, on ne trouve le moin­dre indice indi­quant qu’il se consi­dé­rait comme un « Blanc ».

Même si les posi­tions des wob­blies autour du « pro­blème blanc » variaient consi­dé­ra­ble­ment, le syn­di­cat en tant que tel reje­tait vio­lem­ment la « mys­ti­que blan­che » domi­nante aux États-Unis, et a tou­jours plus ou moins violé les règles taci­tes de ce que des radi­caux amé­ri­cains d’une autre géné­ra­tion appel­le­ront la « struc­ture du pou­voir blanc ». Leur sen­ti­ment d’être les héri­tiers du mou­ve­ment abo­li­tion­niste, leur dégoût de l’exclu­si­visme blanc des sec­tions AFL et des syn­di­cats du rail et, bien sûr, leurs efforts pour orga­ni­ser Afro-Américains, Chinois, Japonais, Amérindiens, Hawaiiens, Mexicains et autres gens de cou­leur situent immé­dia­te­ment les wob­blies en dehors du confor­misme de la « société blan­che » et de ses mytho­lo­gies racia­les oiseu­ses. Révolutionnaires et mar­gi­naux décla­rés, n’ayant « rien d’autre à per­dre que leurs chaî­nes », beau­coup de wobs étaient également des cri­ti­ques per­ti­nents de l’idéo­lo­gie blan­che et de ses consé­quen­ces désas­treu­ses. T-Bone Slim, que l’on peut consi­dé­rer comme une sorte d’héri­tier de Hill en tant qu’auteur et per­son­na­lité sym­bo­li­que du syn­di­cat, for­mu­lait le pro­blème avec le mer­veilleux aplomb qui le carac­té­ri­sait :

Ne per­dons pas de vue que nous som­mes aux pri­ses avec le « noble homme blanc », qui tor­ture avec science autant qu’ingé­nio­sité, réser­vant les pro­mes­ses de la vie à une poi­gnée d’élus et lais­sant ses « déchets » au plus grand nom­bre.
[T-Bone Slim, Juice Is Stranger Than Friction: Selected Writings, 1992, p. 156]

Il est dif­fi­cile de pré­ci­ser dans quelle mesure Joe Hill par­ta­gea la cri­ti­que wob­bly de l’idéo­lo­gie blan­che (ou y contri­bua). Nous avons en revan­che la preuve qu’il par­ta­geait l’iden­ti­fi­ca­tion du syn­di­cat avec le mou­ve­ment abo­li­tion­niste, comme le mon­tre une de ses let­tres où il com­pare les orga­ni­sa­teurs IWW de son époque à John Brown. Pour cha­cun d’entre eux, la tâche consis­tait à libé­rer les escla­ves, plus pré­ci­sé­ment à les ins­pi­rer et les aider à se libé­rer eux-mêmes.

Descendants cons­cien­cieux de John Brown et des abo­li­tion­nis­tes, Hill et d’autres wob­blies repre­naient abon­dam­ment les thè­mes essen­tiels et le voca­bu­laire de leurs pré­cur­seurs. La troi­sième phrase de Big Bill Haywood dans son dis­cours inau­gu­ral au congrès fon­da­teur défi­nit la mis­sion du nou­veau syn­di­cat comme « l’émancipation de la classe ouvrière de l’escla­vage capi­ta­liste ». Les mots « esclave » et « escla­vage » figu­rent dans pas moins de neuf chan­sons de Joe Hill. Comme dans The Girl Question :

Come, slaves from every land.
Come join this fighting band 1.
dans Workers of the World, Awaken! :
Arise, ye slaves of every nation,
In One Union Grand 2.
ou dans What We Want :
For the workers we’ll make upon this Earth a paradise
When the slaves get wise and organize 3.

Les appels à « bri­ser les chaî­nes » et à « se bat­tre pour l’affran­chis­se­ment » avec des réfé­ren­ces iro­ni­ques à la « vani­teuse classe des maî­tres » figu­rent aussi dans les paro­les de Joe Hill.

Ces ima­ges d’ins­pi­ra­tion abo­li­tion­niste par­sè­ment tout le Little Red Song Book. One Big Industrial Union de George G. Allen (sur l’air de Marching Through Georgia) com­mence par exem­ple sur ces mots :

Bring the good old red book, boys, we’ll sing another song.
Sing it to the wage slave who has not yet joined the throng 4.

Voici le refrain de The Workers of the World are Now Awaking, de Richard Brazier :

It’s a union for true Liberty;
It’s a union for you and for me;
It’s the workers’ own choice,
It’s for girls and boys,
Who want freedom from wage slavery 5.

Et le refrain de Workingmen, Unite! par E. S. Nelson (sur l’air de Red Wing) :

Shall we still be slaves and work for wages?
It is outrageous—has been for ages;
This earth by right belongs to toilers,
And not to spoilers of liberty 6.
Tout est à nous {JPEG}

L’abo­li­tion­nisme ver­sion wob­bly ne se limite pas aux paro­les du Little Red Song Book : il est patent dans toute la presse IWW, dans ses bro­chu­res, poè­mes, tracts, des­sins, his­toi­res de feu de camp et dis­cours de soap­box. Un des slo­gans de l’IWW les plus cités revient à Big Bill Haywood : « Derrière cha­que dol­lar qu’un para­site empo­che pour un tra­vail qu’il n’a pas fait, il y a un esclave qui tra­vaille pour un dol­lar qu’il n’aura pas. » Les pro­cès contre l’IWW don­nè­rent également l’occa­sion de reven­di­quer l’héri­tage abo­li­tion­niste. Au cours du pro­cès lié à la plus célè­bre des grè­ves wob­bly — celle qui eut lieu à Lawrence en 1912 —, Joseph Ettor et Arturo Giovannitti citè­rent pour leur défense, avec fierté, les noms et pra­ti­ques révo­lu­tion­nai­res de Wendell Phillips, William Lloyd Garrison et John Brown. Giovannitti, Covington Hall et d’autres poè­tes IWW ren­di­rent hom­mage aux abo­li­tion­nis­tes dans leurs poè­mes [Justus Ebert, The Trial of a New Society, 1913, p. 135-136, p. 143]. Un ouvrage wob­bly consa­cré à la vio­lence contre les ouvriers aux États-Unis salue la mémoire d’Elijah Lovejoy, « l’impri­meur abo­li­tion­niste [...] assas­siné par une foule escla­va­giste » à Alton, dans l’Illinois, en 1837 [Delaney and Rice, The Bloodstained Trial, 1927, p. 52]. À la fin de son livre The IWW in Theory and in Practice — un des ouvra­ges les plus sou­vent réé­di­tés du syn­di­cat —, Justus Ebert salue Lovejoy, Garrison et John Brown pour leur idéa­lisme ins­pi­ra­teur et leur per­ti­nence révo­lu­tion­naire :

La presse de Lovejoy fut jetée à la rivière et Lovejoy lui-même fut assas­siné peu de temps après. William Lloyd Garrison fut traîné une corde au cou dans les rues de Boston. John Brown fut pendu. Mais son âme est encore vivante, non seu­le­ment dans l’abo­li­tion de l’escla­vage, mais aussi pour celle de l’escla­vage sala­rié ; John Brown est encore vivant, réin­carné dans les abo­li­tion­nis­tes des temps moder­nes. Rêveurs ! Oui ! [...] Les abo­li­tion­nis­tes de l’escla­vage l’étaient aussi.
[J. Ebert, op. cit., p. 122]

Ce n’est pas pour rien que Carl Sandburg remar­qua un jour qu’il connais­sait « mieux les abo­li­tion­nis­tes après avoir décou­vert l’IWW ».

Les chan­sons et dis­cours wob­bly sur l’unité des escla­ves et leur sou­lè­ve­ment pour vain­cre leurs oppres­seurs, sur l’abo­li­tion et l’émancipation et sur la créa­tion d’un para­dis ter­res­tre libéré de ses exploi­teurs para­si­tes, ne plai­saient guère aux oreilles de la « vani­teuse classe des maî­tres ». Dans les années 1910 et au début des années 1920, alors que la Guerre civile et la recons­truc­tion étaient encore pré­sen­tes dans les mémoi­res, la nou­velle « classe des maî­tres » — qui, comme les pro­prié­tai­res d’escla­ves avant la guerre, se trou­vait être entiè­re­ment blan­che — enten­dait dans le voca­bu­laire wob­bly le toc­sin de la révolte et de la révo­lu­tion. Joe Hill et ses amis ne savaient sans doute pas grand-chose de l’his­toire et de la culture afro-amé­ri­cai­nes, mais leur incli­na­tion en faveur des abo­li­tion­nis­tes et leur défense sans équivoque d’un syn­di­ca­lisme réu­nis­sant tous les tra­vailleurs, sans dis­tinc­tion de cou­leur, met­taient leur posi­tion bien en évidence. Pour les fils des pri­vi­lè­ges et de la pro­priété pri­vée, l’IWW ne signi­fiait pas seu­le­ment la guerre des clas­ses — guerre contre le capi­ta­lisme —, mais aussi la guerre contre la supré­ma­tie blan­che.

Dans sa let­tre au Comité des grâ­ces, Hill avait mis l’expres­sion des flics « trai­ter comme un Blanc » entre guille­mets, atti­rant l’atten­tion sur une phrase par­ti­cu­liè­re­ment révé­la­trice que, immi­gré ayant passé la plu­part de son temps en com­pa­gnie de wob­blies, il n’avait sans doute jamais enten­due aupa­ra­vant. Ces guille­mets mon­trent bien son refus absolu de la tor­tueuse pro­po­si­tion des flics, et son admi­ra­tion avouée pour John Brown me paraît démon­trer que, à l’ins­tar de nom­breux autres wobs, il ne vou­lait pren­dre aucune part dans le « jeu blanc ».

En fait, comme pour une majo­rité de wobs, son refus de se décla­rer « Blanc » sem­ble être pra­ti­que­ment syno­nyme du refus d’être un scis­sor­bill. En repre­nant les grands mots d’ordre pro­lé­tai­res — « Prolétaires de tous les pays, unis­sez-vous » et leur pro­pre « Un tort fait à l’un est un tort fait à tous » —, les wob­blies refu­saient également de pen­ser et d’agir en « Blancs ». Les maî­tres des États-Unis refu­sè­rent quant à eux de les « trai­ter comme des Blancs ». Ils se com­por­tè­rent avec Joe Hill comme ils s’étaient com­por­tés avec John Brown. Ce der­nier, bien sûr, avait orga­nisé une insur­rec­tion armée, alors que Joe Hill n’avait fait qu’écrire des chan­sons, mais, dans les deux cas, l’escla­va­giste s’était senti atteint et avait répli­qué en consé­quence, avec la répres­sion maxi­male.

Dans son texte rédigé pour l’ouvrage de Claude McKay The Negroes in America (1923), Bill Haywood écrit que les IWW étaient « des tra­vailleurs “étrangers à la loi ” et s’atti­raient donc la sym­pa­thie des Noirs, qui repré­sen­taient une race “étrangère à la loi”. » Dans toute l’his­toire du mou­ve­ment ouvrier aux États-Unis, aucune orga­ni­sa­tion ne fut sans doute moins trai­tée « comme des Blancs » que l’IWW. Les wobs furent arrê­tés en masse, mis sur liste noire, calom­niés, bat­tus, vic­ti­mes de coups mon­tés, kid­nap­pés, dépor­tés, empri­son­nés par mil­liers (et condam­nés à de lour­des pei­nes), cou­verts de gou­dron et de plu­mes, stig­ma­ti­sés, tor­tu­rés, tués, lyn­chés. Leurs publi­ca­tions — comme cel­les de leurs fel­low wor­kers de la Charles H. Kerr Company — furent plu­sieurs fois inter­di­tes, refu­sées par la poste, sai­sies et détrui­tes. Beaucoup de leurs locaux de réu­nion, biblio­thè­ques ou librai­ries furent dévas­tés par des hom­mes de main à la solde des patrons.

La chasse aux sor­ciè­res mac­car­thyste des com­mu­nis­tes et autres radi­caux de gau­che pen­dant les années 1950 fut une abo­mi­na­tion répu­gnante, mais elle n’est rien com­pa­rée à la cam­pa­gne san­glante de vio­lence déchaî­née contre les wob­blies trente-cinq ans plus tôt.

Soumis à ce ter­ro­risme d’État sans pré­cé­dent, beau­coup de mem­bres de l’IWW ont laissé tom­ber, ont aban­donné la lutte, changé de nom, quitté le pays. Quelques-uns sont deve­nus alcoo­li­ques, reli­gieux ou, pis, des bureau­cra­tes de syn­di­cats AFL. D’autres sont deve­nus fous. Mais beau­coup s’accro­chè­rent et conti­nuè­rent le com­bat contre l’escla­vage sala­rié. L’un d’entre eux s’appe­lait Henry Pfaff.

« Enfant de la rue, semi-nomade, anti­confor­miste, acti­viste pro­lé­ta­rien pré­coce », Pfaff arrive de Hongrie aux États-Unis en 1911 et adhère à l’IWW pen­dant la grève d’Akron deux ans plus tard, à l’âge de seize ans. À plus de qua­tre-vingts ans, tou­jours mem­bre actif du syn­di­cat, il déclara à l’occa­sion d’un entre­tien : « l’IWW m’a sauvé la vie. Si je ne m’étais pas retrouvé là-dedans [...], je me serais sans doute tué au tra­vail comme beau­coup d’autres » [Stewart Bird et al., Solidarity for Ever, 1985, p. 92]. S’ins­pi­rant de la vision wob­bly pour « chan­ger l’Amérique et trans­for­mer la société du pro­fit en société coo­pé­ra­tive », le fel­low wor­ker Pfaff, se pro­cla­mant lui-même The Opsimath (L’Étudiant tar­dif), écrivit des vers qui n’étaient pas, selon lui, de la poé­sie, mais plu­tôt « un condensé et une forme agréa­ble de pré­sen­ta­tion de quel­ques pen­sées aléa­toi­res » issues de sa « lon­gue vie tré­pi­dante » [Henry J. Pfaff, Didactic Verses, 1983, avant-pro­pos]. Et il ajou­tait : « Je ne sou­haite pas diver­tir, mais met­tre le feu aux esprits tour­men­tés ! »

Quelques-uns de ces vers pro­vo­ca­teurs résu­ment sa pro­pre concep­tion wob­bly du « Blanc » :

Call me red or call me brown.
Call me black or call me pink.
Call me yellow if you like;
But please, don’t call me white 7.



1 Venez, esclaves de tous pays. / Rejoignez ce groupe en lutte.

2 Debout, esclaves de toutes nations, / Dans un seul grand syndicat.

3 Pour les travailleurs nous bâtirons un paradis sur cette terre / Quand les esclaves s’éveilleront et s’organiseront

4 Amenez le bon vieux livre rouge, les gars, qu’on en chante une autre. / Chantez-la à l’esclave salarié qui ne s’est pas encore rallié.

5 C’est un syndicat pour la vraie liberté ; / C’est un syndicat pour toi et moi ; / Les travailleurs ont fait leur propre choix / C’est pour les filles et pour les gars, / Qui veulent se libérer de l’esclavage salarié.

6 Devrons-nous rester esclaves et travailler pour des salaires ? / C’est insultant — depuis des siècles ; / Cette terre revient de droit aux travailleurs, / Et pas aux voleurs de liberté.

7 Dites-moi rouge ou dites-moi brun. / Dites-moi noir ou dites-moi rose. / Dites-moi jaune si ça vous chante ; / Mais, s’il vous plaît, ne me dites pas blanc.