Les admirateurs idôlatres ne sont pas les seuls fabricants de légendes sur Hill. Il suffit de prendre la peine de consulter la presse de Salt Lake City dans les années 1914-1915 pour constater qu’il avait beaucoup de détracteurs aussi haineux que bavards. Ces ennemis se firent moins nombreux - et moins bruyants - avec les années, mais les élucubrations qu’ils diffusèrent - Hill était "connu" de certains wobs comme étant un voleur et un cambrioleur et donc coupable du meurtre de Morrison (Vernon Jenson), « probablement coupable » (Wallace Stegner) ou pour le moins « jamais innocenté » (Melvyn Dubofsky) - ont malheureusement égaré trop de lecteurs.
Wallace Stegner, professeur d’université, romancier et journaliste, exposa dans un article en 1947 cette idée qu’il croyait neuve : « il est peut-être possible, écrivait-il, et souhaitable de ramener l’image de Joe Hill à celle d’un rodeur vagabond ». C’est évidemment ce que tous les journaux de l’Utah, Salt Lake Tribune, Deseret Evening News et autres racontaient déjà des décennies plus tôt et que Stegner ne fit que rabâcher dans son médiocre roman, The Preacher and the Slave, publié en 1950. Rééditée depuis sous d’autres titres - Joe Hill : the Man Who Chose Death et Joe Hill : a Biographical Novel - cette diffamation répétée et entretenue des années durant reste hélas un des livres les plus influents et diffusés sur le poète et martyr IWW.
Téméraire bibliothécaire anarchiste, croyant sincèrement Stegner sérieux et honnête, Agnes Inglis exhuma pour lui des documents rares de la célèbre Collection Labadie de l’Université du Michigan. Bien avant la parution du roman, Inglis fut ulcérée par le portrait malsain que fit Stegner de Joe Hill dans son article du New Republic. Comme elle l’écrivit à Fred Thompson : « jamais aucun chercheur ne m’a autant déçue - si on peut appeler un tel travail l’oeuvre d’un "chercheur" ».
Par une manoeuvre habile, qui parait avoir trompé beaucoup de lecteurs, Stegner se présenta comme un démystificateur - le courageux David affrontant le Goliath de la légende favorable à Joe Hill, qu’il appelait la légende de Hill. En vérité, à cette époque sombre de la guerre froide, il existait déjà deux légendes distinctes : 1. saint Hill martyr, propagée par quelques radicaux du mouvement ouvrier acompagnés d’une poignée de musiciens folk et autres "romantiques", et 2. le mauvais garçon, "position officielle", non seulement en Utah mais également dans l’opinion générale (conservatrice comme progressiste) à travers le pays. Dans ses efforts pour soutenir cette dernière version, Stegner ne faisait donc que prendre le train de l’idéologie dominante pour y ajouter ses propres calomnies.
Une large part de la stratégie de Stegner consiste à retourner la modestie et la timidité bien connues de Joe Hill, paisible et populaire poète IWW, en sinistres qualités d’un malfrat qui n’a confiance en personne, d’un calculateur froid et insensible : le "loup solitaire" typique. Révolté par cette caricature hystérique de Hill asocial et perfide, rodeur et dissimulateur, son ami Alexander MacKay remit les pendules à l’heure :
« Dire que Hill était un loup solitaire est complètement absurde : il croyait profondément au militantisme. La solidarité était le mot-clé de sa pensée, de son travail et de sa vie. Il n’était individualiste ni en parole ni en pratique ; il était au contraire coopératif ; il n’a jamais voyagé ni même mangé seul et faisait partie d’un syndicat actif. »
Avec chaleur et admiration, le wobbly suédois Edward Mattson écrivait à propos de son ami en 1940, c’est à dire bien avant le début de la campagne de diffamation de Stegner :
« En tant que musicien c’était la meilleure rencontre qu’on pouvait espérer. L’approcher c’était l’adopter. Il donna souvent ses derniers centimes pour aider un compagnon dans le besoin. »
Stegner est également responsable de l’idée inepte et facile, mais hélas répandue, suggérant que Hill aurait secrètement cherché le martyre et donc construit lui-même son mythe. Et de faire dans son article du New Republic cette généralisation terrifiante : « Toute l’histoire du mouvement IWW montre que la première motivation des wobblies était de mourir, de faire des martyrs ». Son roman fait dire à Joe Hill « Je veux mourir en martyr », Stegner commentant : « Ces mots lumineux, pour les avoir dits, il savait qu’ils étaient vrais, et qu’ils seraient vrais depuis le début ». Comme presque tout ce qu’a pu écrire Stegner sur Joe Hill, cette baliverne paresseuse ne tient pas debout. L’« amour de la vie » caractérisait son frère aux yeux d’Ester Dahl et la vigueur passionnée, la force de caractère vitale sont assurément au fondement de ce que Sam Murray appelait « cet esprit exceptionnel qui permit à Joe Hill de tenir le coup dans la tourmente ».
L’affabulation de Stegner faisant de Hill un martyr volontaire et le créateur de son propre mythe, de calomnie devint un lieu commun cynique, pour finir elle-même en une sorte de mythe. Il s’agit au fond de nous convaincre systématiquement que la personnalité bien connue de Hill - son honnêteté, sa modestie, sa générosité, son humour, son courage - et même son évidente envie de vivre n’étaient rien d’autre qu’une posture égocentrique, creuse, destinée à impressionner la postérité. Pour Brazier, « Stegner cherchait à salir l’image de Joe Hill », peu importe comment.
Les historiens considérant l’IWW avec hostilité ou condescendance se sont empressés de lui emboîter le pas, en allant parfois plus loin encore. Melvyn Dubofsky parle par exemple de Joe Hill dans son We Shall Be All comme d’un « acteur » qui « joua son rôle jusqu’au dernier moment », ajoutant que le véritable motif de ses lettres de prison était la valorisation de son « mythe de martyr ».
Stegner a toujours fièrement prétendu que son roman s’étayait sur une recherche minutieuse : il avait après tout interrogé des policiers, des matons, le fils cadet de Morrison, le shériff qui exécuta Joe Hill et un reporter de l’Associated Press ayant assisté à l’exécution ; il étudia de près les archives de la police et du tribunal, ainsi que les journaux de Salt Lake City. Il affirma surtout avoir eu des « informations de l’intérieur », par d’anciens adhérents IWW dont il refusa de révéler les noms. Une de ces "sources" très discutables était membre de la Chambre de Commerce quand Stegner le rencontra et un autre admit avoir édité le journal de la fameuse "4-L’s" - la Loyal Legion of Loggers and Lumbermen, une milice syndicale anti-IWW soutenue par l’armée pendant la première guerre mondiale.
La plupart des "informations de l’intérieur", ou prétendues telles, de Stegner lui ont été fournies pour l’essentiel par un homme décrit comme « un ancien wobbly qui joua de la guitare dans le premier orchestre IWW de Jack Walsh ». Ce bavard persuada sans mal Stegner que Hill était « un citoyen peu recommendable (...) qui laissait parfois entendre avoir "fait un carton" » et qui s’apparentait à « une sorte de truand de Western ». Exactement le modèle repris par Stegner dans son roman.
Ces vieux routards wobblies que sont Fred Thompson et Dick Brazier comprirent vite que la "gorge profonde" de Stegner s’appelait Harry ("Haywire Mac" ["Mac le Détraqué"]) McClintock. Identification facile en réalité, l’ex-compagnon travailleur McClintock étant jusqu’à preuve du contraire la seule personne prétendant avoir personnellement connu Hill qui ait exprimé ce genre d’opinion à son propos.
Dans sa biographie de Joe Hill, Gibbs Smith cite une lettre de Stewart Holbrook à Stegner datant de 1947. Holbrook était un auteur de livres historiques pour salons de coiffure, dont certains tournaient autour des IWW - Fred Thompson les appelait « des compilations négligentes d’erreurs commises par d’autres auxquelles il ajoutait les siennes ». Il informait Stegner dans sa lettre que, « il y a des années », un wobbly anonyme lui avait rapporté que « tous les wobs dans la confidence savaient que Hill était un voleur, ils l’avaient promus martyr pour les besoins de la cause ». Ici aussi, comme le suggère Smith lui-même, le lecteur averti reconnaitra la main lourde de "Haywire Mac".
Qui était McClintock ? Travailleur migrant, guitariste de rue et chansonnier, il est né à Knoxville, dans le Tennessee, vers 1882. Membre de l’IWW de 1909 à 1916, il fut délégué à la huitième convention du syndicat à Chicago en 1913, aux côtés de St John, George Speed, Ben Fletcher, Joe Ettor et autres centralistes. Dans les milieux IWW, il est surtout connu pour son poème Hymn of Hate, une charge implacable contre le capital et l’état. Il enregistra de nombreuses chansons pour le label Victoria dans les années 1920-1930 et fut un comédien de radio connu, conteur et disc-jockey. Il publia en 1932 un recueil de chansons, les "Mac’s" Songs of the Road and Range. Il est mort en 1957.
Stegner semble avoir sincèrement cru que McClintock faisait partie des trois wobs avec lesquels il communiqua qui avaient réellement connu Hill. John Greenway, dont l’antipathie pour Hill est au moins égale à celle de Stegner, alla jusqu’à prétendre que « aucun wobbly ne connaissait sans doute mieux Joe Hill que Harry McClintock ». Il ne donne aucune source à son affirmation, mais il y a gros à parier qu’elle n’est autre que McClintock lui-même. Il n’y a en fait aucune preuve que McClintock était plus qu’une simple connaissance de Joe Hill et, dans une lettre à Fred Thompson en 1950, il reconnaissait ne savoir « presque rien » de lui. Dick Brazier doute même qu’il ait jamais connu J. H. Walsh parce que « personne ne l’appelait Jack, c’était toujours J. H. ou Walsh ».
Quoi qu’il en soit, "Mac le Détraqué" a contribué à ajouter plus de confusion que n’importe qui dans la biographie de Joe Hill. Quand il dit « je crois que [Joe Hill] était un escroc et qu’il a fait pas mal de coups », Stegner, révélant sa propre malhonnêteté, ignore le verbe "croire" et transforme une simple supposition en fait établi. Greenway, résumant tout ce que lui a dit McClintock, rapporte à ses lecteurs que Hill était « considéré comme un voleur, plutôt un genre de joueur. (...) Il avait la réputation d’être quelqu’un de dangereux, encore qu’à la connaissance de McClintock on ne l’ait jamais vu dans une bagarre ». Passant outre la prudence que devrait inspirer des termes aussi douteux que "considéré comme" ou "la réputation d’être", Greenway donne purement et simplement aux élucubrations de McClintock la valeur de vérités immaculées.
Seule l’observation « personne ne l’a jamais vu dans une bagarre » dans le "dossier" de Haywire Mac concorde avec les témoignages des proches et amis de Joe Hill. Les insinuations de McClintock amplifiées par Greenway mises à part, ces neuf petits mots recoupent l’image simple de Joe Hill qui prévaut chez les IWW : insouciant, pacifique et fondamentalement non-violent.
La crédibilité de McClintock en tant qu’informateur peut être jugée au fait qu’il prétendait être l’auteur de Alléluia, I’m a Bum et a même essayé d’en acquérir les droits en 1928. Des chercheurs un peu attentifs - dont Georges Millburn, Fred Thompson et Joyce Kornbluh, pour ne pas citer toute l’équipe du Work People’s College IWW de Duluth dans les années trente - ont montré que la chanson était apparue au moins dix ans avant que McClintock n’entre en scène (1). Dick Brazier se souvient que le compagnon travailleur George Speed lui avait dit que cette chanson était une des plus populaires de la marche de l’Armée de Coxey sur Washington en 1894, alors que McClintock n’était encore qu’un enfant.
D’après Fred Thompson, McClintock était surtout un « brasseur de vent », un « égomaniaque » et « le genre de hobo qui, tant que vous lui servez à boire, vous racontera tout ce que vous voulez entendre ». L’opinion de Dick Brazier, fondée sur sa connaissance personnelle du personnage, n’est guère meilleure. Il se souvient de McClintock comme d’une « grande gueule », « baratineur » et « aggressif », et conclut :
« Je ne peux tout simplement pas croire que McClintock était un pote intime de Joe Hill, parce que d’après ce que je sais du caractère de Joe Hill, que je tiens de personnes l’ayant réellement connu - comme Sam Scarlett et Meyer Friedkin - Joe et McClintock étaient aux antipodes l’un de l’autre. Joe était un type tranquille, pas du tout porté à la vantardise et aux racontards qui caractérisaient McClintock »
La petite biographie (80 pages) que Henry Young consacre à McClintock, largement basée sur les propres mémoires (inédites) de "Mac", sur des entretiens avec sa veuve et des « individus qui le connaissaient », comprend de nombreuses anecdotes sur ses connaissances et compagnons travailleurs, dont des musiciens, des cheminots, Jack London et les wobblies J. H. Walsh et Dick Brazier. Young s’y intéresse beaucoup à la musique et aux chansons, particulièrement aux chansons de hobo. Il consacre deux pages et de nombreux autres passages à l’IWW et aux chansons IWW. Il ne cite pas une seule fois le nom de Joe Hill. Ce qui laisse supposer que les propres mémoires de McClintock ne font pas allusion à Joe Hill, que ni sa veuve, ni les « individus qui le connaissaient » n’ont rapporté quoi que ce soit qu’ait pu dire McClintock au sujet de Joe Hill. Si c’est effectivement le cas, la posture de McClintock en "expert" de Joe Hill pendant les années 40 apparait de plus en plus comme un canular. Il s’est malheureusement trouvé de crédules Stegner et Greenway pour gober ses fantaisies sans fondement et les diffuser auprès d’un large public.
D’après Young et d’autres, "Mac" était plutôt charmeur, spirituel et polyvalent, d’une facétie enfantine et au sens de l’humour excentrique. Il est bien dommage que son bagout ait contribué à alimenter les campagnes de calomnies de Stegner et Greenway.
Est-ce que des « wobs dans la confidence », avertis de la carrière de cambrioleur de Joe Hill, n’auraient pas tôt ou tard dit quelque chose à ce propos ? Il est absurde de croire que deux ou trois cent personnes au bas mot aient pu garder un tel secret pendant des années. En tout cas, des centaines de wobs plus « dans la confidence » que ne l’a jamais été McClintock furent unanimes pour affirmer que Hill n’était pas un voleur, qu’il n’avait aucun fond criminel, qu’il n’avait rien à voir avec le meurtre de Morrison, que son engagement avec les IWW était absolu et qu’il n’aurait jamais rien fait susceptible de nuire à sa cause. Je pense à des compagnons travailleurs comme Ralph Chaplin, Vincent St John, Bill Haywood, George Speed, Ben Fletcher, Richard Brazier, Joe Ettor ou Covington Hall, des hommes d’une impeccable intégrité révolutionnaire, véritables combattants rompus à la lutte ouvrière pour l’égalité et la liberté. Voilà sans aucun doute des « wobs dans la confidence ». Et chacun d’entre eux était convaincu - l’a dit et répété sans cesse et sans équivoque - que Hill était innocent, victime d’un coup monté, un syndicaliste loyal pris dans les rêts d’une injustice de classe impitoyable. Qui peut sérieusement croire que de telles personnalités auraient perdu autant de temps et d’énergie - sans parler des fonds limités du syndicat - à défendre un petit escroc égoïste et un assassin qui souillerait à jamais le nom des Industrial Workers of the World ?
Jusque dans les années 40 et 50, ces vieux wobblies qu’étaient William Chance, Meyer Friedkin, Sam Murray, Alexander McKay et Louis Moreau - qui ont tous personnellement connu Joe Hill - se sont mobilisés pour défendre l’innocence de leur vieil ami. Comme bien d’autres ne l’ayant jamais fréquenté, mais qu’on peut qualifier sans crainte comme des « wobs dans la confidence » : Covington Hall, Herb Edwards, C. E. "Stumpy" Payne, Matilda Robbins, Paul Sika ; et d’autres encore, ayant quitté l’IWW, mais qui faisaient sans aucun doute partie des « wobs dans la confidence » pendant les années 1910 : Charles Ashleigh, James P. Cannon, Vincent R. Dunn, Carl Skoglund, Sam Scarlett, Elizabeth Gurley Flynn : pas un d’entre eux n’a jamais exprimé le moindre doute que Joe Hill était l’innocente victime d’un coup monté capitaliste de la guerre des classes.
Au cours de ses recherche pour son livre Wobblies (1968), l’historien anglais Patrick Renshaw a interrogé nombre de vieux wobblies, dont certains étaient déjà actifs dans les années 1910. Quand il aborde Joe Hill, une note de bas de page reconnait qu’il n’a « trouvé aucun vieux routard estimant Hill coupable ». Gibbs Smith fit la même remarque à propos des IWW qu’il interrogea pour sa biographie de Joe Hill en 1969.
Bien qu’ils ne furent pas nombreux, l’IWW a aussi eu ses transfuges - qui désertèrent le syndicat pour de confortables émoluements dans l’Establishment : Harold Lord Varney, auteur entre 1919 et 1920 d’une histoire de l’IWW pour le One Big Union Monthly, en est un, qui a peut être joui plus que les autres d’une grande publicité dans la presse capitaliste (2). Orateur et rédacteur important du syndicat au cours des années 1910, et alors indubitablement wob « dans la confidence », Varney aurait été trop heureux de révéler dans sa dernière période fascisante des détails sordides sur le plus célèbre des martyrs IWW. Il écrivait toujours pour la John Birch Society dans les années 1960, mais il semble bien qu’il n’ait jamais rien dit au sujet de Joe Hill.
Les exemples de Stegner, Greenway et Dubofsky suffisent à montrer que les détracteurs de Joe Hill ont également leurs non-dits méthodologiques : une propension évidente à croire au pire, qui les dispense en outre de toute vérification. Avec pour résultat de faire de ragots les prémisses et les preuves de leurs propres interprétations. Il faut cependant constater que dans toutes leurs constructions malsaines, Stegner et consorts n’ajoutent rien à ce que disaient déjà les colonnes haineuses du Deseret Evening News.
Maintenir, sans l’ombre d’une preuve, que Joe Hill n’était qu’un assassin et un « rodeur vagabond » est sans doute plus malsain, nuisible et répugnant que la vénération naïve d’un saint ou d’un super héros. Ces deux extrêmes égarent pourtant également de la vérité, tout en soulignant la minceur de ce que nous savons de la vie de Joe Hill. Mais tout ce que nous savons avec certitude - immigré d’origine suédoise, hobo, IWW, musicien et compositeur, auteur de chansons et de quelques articles, dessinateur, victime d’un coup-monté et martyr - est toutefois assez solide pour résister aux efforts de calomniateurs et faiseurs de mythe pour l’embellir ou le détruire.
J’ai toujours aimé cette devise d’André Breton - « Pour un révolutionnaire, le premier devoir est de préférer la vie à la légende ».




