JOE HILL

Les IWW et la création d’une contre-culture ouvrière révolutionnaire

Franklin Rosemont

Charles H. Kerr {JPEG - 259.3 ko}
Charles H. Kerr
Chicago, 2002
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Éditions CNT-RP
Paris, 2008

Traduction de poiesique pour la lutine enragée.

« Immigré, hobo, songwriter, simple militant de base fusillé par l’État de l’Utah en 1915, Joe Hill symbolise le syndicalisme industriel révolutionnaire des Industrial Workers of the World. Fondé en 1905, sous les auspices de grandes personnalités du radicalisme ouvrier aux États-Unis (Mother Jones, Lucy Parsons ou Eugene Debs, entre autres), l’IWW écrivit les plus belles pages du syndicalisme étasunien : grève Bread and Roses des ouvrières du textile de Lawrence, première grève sur le tas à Schenectady, luttes rassemblant Noirs, Latinos et Blancs dans le sud ségrégationniste et ailleurs, campagnes pour la liberté d’expression dans le nord-ouest... Et, toujours, en chanson et avec humour, malgré les lynchages, les déportations et la prison.

Joe Hill devint l’auteur le plus populaire de ce “syndicat chantant”, alimentant le recueil IWW, le Little Red Song Book, de ses parodies de cantiques de l’Armée du salut ou de vieux tubes insignifiants transformés en brûlots révolutionnaires. Victime d’un coup monté judiciaire, condamné à mort puis exécuté malgré une mobilisation sans précédent, Joe Hill est toujours repris sur les piquets de grève. Comme le chantera un autre suédois d’origine : “On peut fusiller un chanteur / Personne ne peut tuer des chansons.”

Ce livre détaille chaque aspect de la figure du “barde wobbly” et du syndicat qu’il finit par incarner (fonds théorique, activisme culturel, internationalisme, solidarité antiraciste et antisexiste, sensibilité environnementale…), apportant au passage de nombreuses informations inédites et de précieuses mises au point biographiques. Franklin Rosemont explore ainsi un chapitre épique de l’histoire occultée du mouvement ouvrier étasunien, trop souvent réduit à la caricature des syndicats corporatifs. Mais ce chapitre n’est pas clos pour autant car, après avoir influencé la plupart des grandes luttes du XXe siècle et nourri clandestinement la culture populaire étasunienne, l’exaltante contre-culture wobbly reste pour Franklin Rosemont “l’inspiration la plus importante et un modèle pour tout nouveau mouvement révolutionnaire”, aux États-Unis comme ailleurs. »

Quatrième de couverture de la première édition française