JOE HILL

Les IWW et la création d’une contre-culture ouvrière révolutionnaire

Franklin Rosemont

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Charles H. Kerr
Chicago, 2002
Éditions CNT-RP {PNG - 14.5 ko}
Éditions CNT-RP
Paris, 2008

Traduction de poiesique pour la lutine enragée.

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Deux mots sur l’auteur :

Né à Chicago en 1943, poète, auteur et éditeur de nom­breux ouvra­ges — essais et antho­lo­gies sur le radi­ca­lisme ouvrier U.-S. sous tou­tes ses for­mes — Franklin Rosemont décou­vre l’IWW à la fin des années 50 et empo­che sa carte rouge en 1962, puis écrit quel­ques semai­nes plus tard à André Breton, qu’il ren­contre à Paris en 1965 pour fon­der l’année sui­vante avec sa com­pa­gne Penelope le Mouvement sur­réa­liste aux Etats-Unis.
Co-direc­teur des éditions sur­réa­lis­tes Black Swan Press, Franklin Rosemont contri­buait également à la seconde jeu­nesse de la véné­ra­ble Charles H. Kerr Publishing Company depuis les années 1970.

Bibliographie indi­ca­tive :

What is Surrealism? Selected Writings of André Breton, Monad Press (1978), réé­di­tion 2000, Pathfinder, New-York ;
Haymarket Scrapbook, Charles H. Kerr Publishing Company, Chicago, 1986 ;
The Forecast is Hot!, avec Penelope Rosemont et Paul Garon, antho­lo­gie de tex­tes du Mouvement sur­réa­liste aux Etats-Unis de 1966 à 1976, Black Swan Press, Chicago, 1997 (tra­duc­tion fran­çaise par Guy Ducornet aux éditions Talus d’appro­che, 2001) ;
An Open Entrance to the Shut Palace of Wrong Numbers, Black Swan Press, Chicago, 2003.

« Immigré, hobo, song­wri­ter, sim­ple mili­tant de base fusillé par l’État de l’Utah en 1915, Joe Hill sym­bo­lise le syn­di­ca­lisme indus­triel révo­lu­tion­naire des Industrial Workers of the World. Fondé en 1905, sous les aus­pi­ces de gran­des per­son­na­li­tés du radi­ca­lisme ouvrier aux États-Unis (Mother Jones, Lucy Parsons ou Eugene Debs, entre autres), l’IWW écrivit les plus bel­les pages du syn­di­ca­lisme étasunien : grève Bread and Roses des ouvriè­res du tex­tile de Lawrence, pre­mière grève sur le tas à Schenectady, lut­tes ras­sem­blant Noirs, Latinos et Blancs dans le sud ségré­ga­tion­niste et ailleurs, cam­pa­gnes pour la liberté d’expres­sion dans le nord-ouest... Et, tou­jours, en chan­son et avec humour, mal­gré les lyn­cha­ges, les dépor­ta­tions et la pri­son.

Joe Hill devint l’auteur le plus popu­laire de ce “syn­di­cat chan­tant”, ali­men­tant le recueil IWW, le Little Red Song Book, de ses paro­dies de can­ti­ques de l’Armée du salut ou de vieux tubes insi­gni­fiants trans­for­més en brû­lots révo­lu­tion­nai­res. Victime d’un coup monté judi­ciaire, condamné à mort puis exé­cuté mal­gré une mobi­li­sa­tion sans pré­cé­dent, Joe Hill est tou­jours repris sur les piquets de grève. Comme le chan­tera un autre sué­dois d’ori­gine : “On peut fusiller un chan­teur / Personne ne peut tuer des chan­sons.”

Ce livre détaille cha­que aspect de la figure du “barde wob­bly” et du syn­di­cat qu’il finit par incar­ner (fonds théo­ri­que, acti­visme cultu­rel, inter­na­tio­na­lisme, soli­da­rité anti­ra­ciste et anti­sexiste, sen­si­bi­lité envi­ron­ne­men­tale…), appor­tant au pas­sage de nom­breu­ses infor­ma­tions iné­di­tes et de pré­cieu­ses mises au point bio­gra­phi­ques. Franklin Rosemont explore ainsi un cha­pi­tre épique de l’his­toire occultée du mou­ve­ment ouvrier étasunien, trop sou­vent réduit à la cari­ca­ture des syn­di­cats cor­po­ra­tifs. Mais ce cha­pi­tre n’est pas clos pour autant car, après avoir influencé la plu­part des gran­des lut­tes du XXe siè­cle et nourri clan­des­ti­ne­ment la culture popu­laire étasunienne, l’exal­tante contre-culture wob­bly reste pour Franklin Rosemont “l’ins­pi­ra­tion la plus impor­tante et un modèle pour tout nou­veau mou­ve­ment révo­lu­tion­naire”, aux États-Unis comme ailleurs. »

Quatrième de cou­ver­ture de l’édition fran­çaise